Peur et émotions
Les émotions fortes, en particulier les plus inconfortables comme la colère, la peur et la frustration, font partie du quotidien familial, tout comme le désordre du goûter dans le sac. Cela vaut autant pour les petits que pour nous, les grands.
Toutes les émotions sont acceptables, mais pas tous les comportements
Une crise de colère, un cri, une porte claquée : pour nous, parents, cela ressemble souvent à une attaque personnelle. Mais c'est rarement le cas. La plupart du temps, il s'agit simplement d'un sentiment de dépassement, parce que l'enfant éprouve en ce moment plus d'émotions qu'il ne peut en exprimer avec des mots.
C'est précisément là que réside la clé : nous n'avons pas besoin de cautionner le comportement pour prendre au sérieux l'émotion qui se cache derrière. La phrase « Je vois que cela te met vraiment en colère en ce moment » a souvent un effet plus apaisant qu'on ne le pense. Non pas parce qu'elle résout immédiatement le problème, mais parce que l'enfant se sent compris. Et un enfant qui se sent compris se calme généralement plus vite qu'un enfant à qui l'on dit de se ressaisir.
Bien sûr, les limites restent nécessaires. Frapper, claquer des portes ou jeter des objets peut être nommé et stoppé. Le message sous-jacent n'est pas « Ta colère est mauvaise », mais plutôt « Ta colère est légitime, mais nous allons regarder ensemble la manière dont tu l'exprimes ».
Ce qui aide vraiment à gérer les crises de colère au quotidien :
Annoncer les transitions : Utilisez un minuteur ou un court avertissement préalable, car les grandes émotions ont parfois simplement besoin d'un peu de temps pour s'installer.
Parler après la tempête, pas au milieu : N'hésitez pas à demander : Qu'est-ce qui t'a mis en colère ? Qu'est-ce qui t'aurait aidé ?
Rester calme, autant que possible : Nous sommes pour nos enfants le rocher sur lequel leurs vagues peuvent se briser.
Et pour être tout à fait honnête : on n'y parvient pas toujours, mais cela fait aussi pleinement partie du processus.
Et quand la colère monte chez nous, parents : les angoisses parentales
Passons maintenant à l'autre côté de la médaille, car il est bien connu que les parents n'ont pas de sentiments, mais seulement des listes de soucis. 😉 Trêve de plaisanterie : s'inquiéter pour nos enfants est profondément humain. C'est pratiquement inscrit dans nos gènes, car notre instinct protecteur veut simplement que notre progéniture grandisse en toute sécurité.
Le plus délicat, c'est que cette peur n'a pas de date de fin naturelle. Petits enfants, petits soucis ; grands enfants, grands soucis. Et, soyons honnêtes, elle ne s'arrête probablement jamais complètement.
Quelques réflexions sur les peurs parentales qui peuvent vous soulager :
La peur n'est pas un défaut, mais un système d'alerte : il ne s'agit pas de la faire disparaître complètement, mais de la ramener à une juste mesure. Un peu d'inquiétude protège, mais trop d'inquiétude paralyse plus qu'elle n'aide.
Les enfants ressentent notre tension, même sans paroles : si nous retenons notre souffle à chaque cage à poules, cela se transmet. Cela ne veut pas dire que nous devons cacher notre peur, car cela ne marche pas de toute façon. Il est préférable de la nommer, sans la transférer directement sur l'enfant. Une formulation telle que « Je suis un peu nerveux en ce moment, mais nous allons faire en sorte de bien nous en sortir » suffit souvent amplement.
La confiance naît de l'expérimentation, pas de l'empêchement : chaque défi qu'un enfant relève sans nous développe non seulement sa confiance en lui, mais renforce aussi notre propre confiance en lui.
Partager aide : parlez-en avec d'autres parents, comparez vos impressions et analysez-les ensemble. Cela désamorce souvent le caractère dramatique de la peur. On se rend vite compte qu'on n'est pas le seul à ne pas dormir de la nuit parce que son enfant est de sortie seul pour la première fois.
En résumé : la peur parentale n'est pas le signe que quelque chose ne va pas, elle en fait tout simplement partie. L'art consiste à l'accueillir plutôt qu'à la refouler ou à en charger l'enfant à son insu.
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